Hier

Le site de l'ESA Saint-Luc Liège est, à l'origine, un prieuré signalé dans les textes dès 1231.
Affilié à l’ordre français du Val-des-écoliers, il est posé alors sur une petite île formée par la Meuse et l’un des nombreux bras de l’Ourthe qui confluaient à l'époque en ces lieux. Initialement situé hors les murs de la cité, en Outre-Meuse, le domaine est ensuite ceinturé par une extension des murailles entreprise à la fin du XIIIe siècle ; les courtines, bordées par les eaux, sont renforcées ultérieurement par des bastions dont le nom wallon de balwér, ou balloir, est resté inscrit dans la toponymie locale.
Le campus abrite encore aujourd'hui un rare témoin de l'architecture gothique (14ième siècle): l'ancienne et magnifique salle capitulaire, aux six voûtes à nervures en tuffeau. Une église gothique de belle ampleur précédée d'un parvis est édifiée à la même époque, mais a aujourd'hui disparu.

Au 17ième siècle, le petit prieuré devient le Couvent des Ecoliers dont Saumery rapporte en 1738 tous les atouts dans ses Délices du Païs de Liège: «La maison est bien bâtie et tous les appartements en sont riants; leur situation ne contribue pas peu à leur donner cet agrément.»

Le couvent des Ecoliers se montre plutôt prospère et subit de nombreuses transformations (par exemple, l'escalier monumental qui mène aujourd'hui au secrétariat date du 18ième siècle) jusqu'à la réquisition entreprise lors de la Révolution de 1789. Sécularisé, il est alors converti en hôpital de campagne et en caserne. Il devient alors l' Hospice de l'Egalité et la Caserne des Ecoliers.

Tout au long du 19ième siècle, de nombreux travaux sont effectués pour agrandir l'espace et construire les bâtiments actuels aux poutres métalliques et colonnes en fonte, ainsi que l'entrée et ses deux guérites néo-médiévales.
Le grand manège, destiné aux chevaux, est réalisé grâce à une étonnante prouesse technique: une charpente de bois couvre, sans support intermédiaire, une salle d'une largeur totale de 27m et d'une superficie de 1700 m2.

Le 2 août 1914, soupçonnant la présence des allemands dans les parages, le capitaine Morisseaux envoie le cavalier Fonck, 21 ans, en éclaireur. Il sera la première victime belge à l'aube du conflit. Pour honorer son souvenir, la caserne des Ecoliers devient la caserne Cavalier Fonck. Durant la Deuxième Guerre mondiale, le lieu porte toujours le même nom et sert d’hôpital militaire. En 1998, il est abandonné par l'armée.


Aujourd'hui

En 2000, l'ancienne caserne Fonck est acquise conjointement par l'Ecole supérieure des Arts et l’Institut supérieur d’Architecture Saint-Luc et devient rapidement un agréable campus du centre ville où l'on voit aujourd'hui se croiser des troupes d'étudiants en art.
Le campus est en partie partagé avec l'Ulg (Faculté d'Architecture) et l'Helmo (Mode), ce qui favorise les collaborations et les rencontres.

Les traces de l'occupation militaire se font de plus en plus discrètes, même si les nombreux anneaux à chevaux scellés dans les murs et les auges taillées dans la pierre sont autant de souvenirs pittoresques du lointain passé du site.

Sous la direction d'Eugène Moreau, du groupe architectural AUSE, les vastes espaces initiaux sont respectés, mais reconditionnés pour remplir pleinement leurs fonctions pédagogiques.

Les salles de cours et d'informatique sont nombreuses et bien équipées.

Les ateliers spécifiques, quant à eux, sont conçus pour permettre un épanouissement maximal de l'étudiant dans son travail: on peut citer par exemple les ateliers de design, de gravure, de sérigraphie, de lithographie, de peinture ou de sculpture.
Une cafétéria est aménagée pour recevoir 400 couverts, mais aussi des bâtiments administratifs, une conciergerie, de vastes espaces d'exposition ou de workshops, une bibliothèque.

A l'extérieur, de nombreux vestiges architecturaux et des sculptures néo-renaissance provenant d'une maison détruite de la rue Louvrex (et rachetés par l'ESA) sont également installés et jalonnent le site verdoyant qui accueille aujourd'hui plus de mille étudiants...